Après la sortie du Steam Deck, le « nouveau » marché des consoles portables PC a explosé. Alors qu’Asus est arrivé avec une alternative plus puissante, mais plus traditionnelle, qu’était la ROG Ally, Lenovo a choisi de créer la variante la plus haut de gamme : la Legion Go.
Aujourd’hui, les joueurs retiennent de ce dernier modèle sa transformabilité, mais surtout son très large écran de 8,8 pouces. L’occasion pour Lenovo de prendre ce marqueur d’identification et de tenter une nouvelle approche : chercher à récupérer la variante la plus accessible des PC consoles Windows. C’est ainsi qu’apparaît la Legion Go S.
Fiche technique
Modèle | Lenovo Legion Go S |
---|---|
Dimensions | 29,9 cm x 12,755 cm x 2,26 cm |
Support | Support de carte mémoire MicroSD |
Architecture graphique | AMD RDNA 3 |
Définition maximale | Full HD |
Wifi | Wi-Fi 6E |
Bluetooth | Oui |
Poids | 730 g |
Fiche produit |
La machine est prêtée par Lenovo pour ce test.
Design et ergonomie
Il est important de souligner sur cette Lenovo Legion Go S ce que l’on ne perd pas, à commencer par ce fameux très grand écran. Si celui-ci est désormais à 8 pouces de diagonale, il occupe tout de même la majeure partie de la façade avant et reste la star absolue du produit.

On ne perd pas non plus ce format si particulier, où le dos affiche des excroissances bien plus largement protubérantes que les autres produits dans l’univers Windows pour tenir avec poigne sa console. Nous sommes ici plus relatifs à un Steam Deck qu’à une ROG Ally, pour ne citer qu’elles.

Alors qu’est-ce qui change ? Les manettes ne sont plus détachables, d’abord. Et le poids s’en ressent, puisque la console descend à un 730 grammes beaucoup plus facile à prendre en main au quotidien. Et le plastique est légèrement moins qualitatif et plus texturé, ce qui est loin d’être un problème. La prise en main de cette Legion Go S est terriblement confortable, au point qu’on en oublie son grand écran pour se plonger véritablement dans l’expérience.
Croix, gâchettes et boutons
Une autre nouveauté est l’implémentation d’une fonctionnalité permettant de bloquer les gâchettes L2/R2 arrière afin que celles-ci s’activent immédiatement (format numérique), plutôt que d’offrir une courbe de pression (format analogique). Un choix intelligent sur ce genre de consoles, où l’on a tendance à profiter en priorité de petits jeux 2D qui profitent d’une réactivité exemplaire du joueur.

Autrement, le format reste classique, et donc toujours inspiré d’une manette Xbox traditionnelle. Tout est parfaitement calé, mais on regrettera un élément : des boutons ABXY bien enfoncés dans le châssis, dont la membrane n’est pas particulièrement rebondissante. À l’exception du bouton B, qui profite de la courbure du châssis pour ressortir un peu plus que ses frères, le feedback d’usage manque d’un peu d’accroche et de rebond.

Cependant, nous avons aussi le droit à une petite modification appréciée. Lenovo n’a pas oublié le pavé tactile, que certains joueurs adorent. Ici, il s’agit d’une toute petite zone tactile disposée sous le joystick droit, qui par défaut vibre à chaque usage (ce que l’on peut modifier, heureusement). Difficile d’établir son utilité, mais sa présence est appréciée pour ceux qui ne jurent que par ce genre d’interactions.

Joysticks à effet Hall plein format, croix directionnelle bien optimisée avec un dôme central prononcé… Que dire de plus ? Rien ne sort vraiment du cadre pour une Legion Go S qui persiste et signe sur l’efficacité de Lenovo dans cette catégorie de produit.
Connectique
Sur le haut de l’appareil, nous pouvons retrouver deux ports USB-C 4.0 compatibles Thunderbolt 3 et un port combo jack. En bas, nous retrouvons un lecteur de cartes microSD. Côté sans-fil, nous avons le droit au Wi-Fi 6E et au Bluetooth 5.3.

Tout ce qu’il faut pour une console portable de la sorte, sans fioriture. Difficile de commenter plus avant.

Écran
Nous sommes ici sur une dalle IPS LCD de 8 pouces supportant une définition de 1920 x 1200 pixels, soit un ratio de 16:10. Il offre ici un taux de rafraîchissement de 120 Hz compatible VRR, qui s’adaptera donc automatiquement à la fréquence d’images de vos jeux pour optimiser la fluidité de l’affichage.

Sous notre sonde et avec le logiciel DisplayCal, nous pouvons voir que celle-ci couvre 103,5% de l’espace sRGB pour 73,3% de l’espace DCI-P3 en termes de volume. La luminosité maximale offerte ici est de 521 cd/m², très bonne pour un écran lisible même en plein soleil, avec un taux de contraste de 1394:1 très bon pour de l’IPS LCD.
En termes de calibration, nous pouvons voir que la dalle est un peu trop froide et donc surcontrastée à 7226K de température de couleurs moyenne. Le delta E00 moyen est mesuré à 2,04, très bon, avec un écart maximal de 4,09 bien maîtrisé sur les tons rouges.
Logiciel
La Legion Go S continue de profiter de Legion Space, le logiciel lanceur d’application qui permet de masquer plus ou moins difficilement les limites du Windows 11 installé. Un logiciel qui a bien évolué depuis la sortie de la première Legion Go, mais qui a aussi toujours les mêmes limites.

Le volet de raccourcis est efficace, au même titre que le lanceur de jeux lui-même. Les options de personnalisation attendues sont là, notamment pour retoucher le gamepad ou pour gérer le gyroscope intégré. Mais voilà : tout n’est pas tout à fait lissé, et l’intégration du magasin GamesPlanet reste un peu… étrange. C’est un choix, disons.

En vérité, il est toujours possible d’utiliser le mode Big Picture de SteamOS ou un lanceur alternatif comme Playnite. Ce n’est donc pas d’une grande incidence sur l’expérience utilisateur.
Performances
Nous testons ici la version la plus accessible financièrement de la Lenovo Legion Go S sous Windows. Nous profitons donc d’un SoC AMD Zen 2 Go à 4 cœurs et 8 threads pouvant turbo jusqu’à 4,3 GHz, soutenu par 16 Go de RAM LPDDR5X à 6400 MHz. Nous avons également un espace de stockage de 512 Go en PCIe 4.0.
Benchmarks
La Legion Go S offre deux modes de performance par défaut, avec plusieurs profils personnalisables par la suite : économie d’énergie, ou performance.
Sur ces deux modes, nous retrouvons :
- Économie d’énergie : Cinebench 2024 Multi Core 261, Single Core 61, Steel Nomad Light 1528
- Performance : Cinebench 2024 Multi Core 343, Single Core 78, Steel Nomad Light 2180
Bon… Ça n’est pas fameux. Le Z2 Go de 2025 est en vérité une puce qui tend à se comparer à celle intégrée à un Steam Deck LCD, et dont la grande force sera de ne pas dépasser les 15W de consommation contrairement aux puces plus puissantes de la gamme d’AMD. Gardons bien cela en tête.

Et il y a… Windows. Le Z2 Go est typiquement un petit SoC qui a terriblement besoin qu’on le laisse tranquille, comme SteamOS le ferait. Or, l’OS de Microsoft bouffe énormément de ressource, au point que Ratchet and Clank : Rift Apart refuse de se lancer quand bien même la puce est capable de le faire tourner. Windows est ici autant un point fort pour sa polyvalence et les habitudes consommateurs qu’un défaut marqué par sa gourmandise en ressource. Il est important de le noter.

Et côté stockage, pas de déception : nous sommes bien dans le cadre du PCIe 4.0.
En jeu

La Legion Go S avec AMD Z2 Go est essentiellement ce que l’on attend d’un Steam Deck LCD. Mais voilà : la stabilité n’est pas autant au rendez-vous, et comme nous le disions plus tôt, Ratchet and Clank ne veut même pas se lancer faute de ressources disponibles.
Mais il ne faut pas non plus cracher dans l’assiette : pour des petits jeux 3D, ou ces jeux bien optimisés pour aussi tourner sur des ordinateurs portables, c’est suffisant. Ça n’est pas engageant, surtout avec la faiblesse visuelle qu’apporte le FSR2 en mode performance nécessaire pour avoir un framerate jouable.
VS AMD Z1

Comparer cette Legion Go S avec une console portable sous Z1 Extreme ne serait pas particulièrement pertinent, puisqu’elle ne mise pas vraiment sur le même créneau. Par contre, la génération précédente avait eu accès à un AMD Z1 beaucoup plus accessible financièrement, qui remplissait sensiblement le même rôle sur le marché (et c’est un peu foiré, soyons honnêtes).
Et ici, on peut voir que le Z2 Go ne représente pas forcément une évolution. Cyberpunk 2077 tourne sensiblement avec la même puissance, quand Fall Guys préfère le Z1. En vérité, il n’y a que The Witcher 3 qui semble apprécier particulièrement cette nouvelle puce. On aurait aimé voir un peu plus pour marquer l’arrivée d’une nouvelle génération.
Refroidissement et bruit
La Legion Go S poussée à fond tient bien ses performances et ne chauffe pas trop au corps, où l’on ne retrouve que 47°C directement à l’exhaust. Par contre, le ventilateur intégré a tendance à être un peu trop bruyant selon les expériences lancées. Là encore, mieux vaut se focaliser sur des petits jeux.
Autonomie
La Legion Go S est encore un peu à l’ancienne, puisqu’elle intègre une batterie de 55,5 Wh qui rappelle bien plus la première vague de consoles portables Windows que les dernières améliorations d’un marché visant maintenant les 80 Wh de base. Il est fourni avec un bloc d’alimentation de 65W en USB-C.
Toujours le même test sur cette catégorie de produit : The Witcher 3, lancé en 720p qualité basse avec le FSR 2 en mode performance activé, le tout avec une luminosité d’écran réglée à 50%.
- Mode économie d’énergie : 3 heures et 10 minutes
- Mode performance : 1 heure 30 minutes
Le SoC AMD Z2 Go est capable de fournir bien plus puisqu’il consomme très peu, mais ici, nous restons tout simplement dans la moyenne du marché. Il aurait peut-être été opportun de cibler l’autonomie maximum pour justifier un peu mieux les performances plus contraintes ici.
Prix et disponibilité
La Legion Go S est d’ores et déjà disponible en France. Son prix de vente conseillé est de 629 euros, ce qui est effectivement l’un des plus bas prix de lancement pour une console portable sous Windows.
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