
Avec le Lumix S1R II, Panasonic cible un public Ă©clectique : les photographes passionnĂ©s Ă la recherche de paysages Ă©poustouflants, les vidĂ©astes – amateurs ou aguerris – dĂ©sireux de s’essayer Ă la 8K sans hypothĂ©quer leur maison, et les crĂ©ateurs qui veulent un appareil compact, capable d’exceller en photo et en vidĂ©o, sans compromis majeurs. Ă€ 3 599 euros, cet hybride plein format se dote d’un nouveau capteur, d’un autofocus Ă niveau et d’un design repensĂ© pour tenir tĂŞte aux poids lourds du secteur : les Sony A7R V, Canon EOS R5 II et Nikon Z8. Alors que ces trois rĂ©fĂ©rences imposent souvent Ă plusieurs centaines d’euros de plus, Panasonic joue la carte de l’accessibilitĂ© sans sacrifier ses ambitions techniques. Mais ce boĂ®tier, plus lĂ©ger et abordable, rĂ©pond-il vraiment aux attentes des amateurs Ă©clairĂ©s comme des pros en quĂŞte de polyvalence ? On fait le point.
Spécifications techniques
Ce test a été réalisé avec un appareil prêté par Panasonic.
Prise en main : premières impressions et sensations
Le Panasonic Lumix S1R II se distingue par un design plus compact que son prédécesseur, le Lumix S1R. Avec un poids de 795 g (batterie et carte SD incluses), il réduit la charge de plus de 200 g, un gain appréciable pour les longues sessions de photographie ou de vidéo. Construit en alliage de magnésium, le boîtier résiste aux intempéries – pluie légère ou poussière – et inspire une confiance durable.

Les molettes crantées, positionnées pour un accès naturel, offrent une résistance équilibrée qui limite les erreurs de réglage, tandis que huit boutons personnalisables s’adaptent aux besoins spécifiques de chaque utilisateur. Les ajustements sont ainsi rapidement intuitifs.
Anguleux mais pratique
La poignée, soigneusement profilée, assure une tenue confortable et sécurisée, même avec un objectif imposant. Ce confort se ressent dès la première prise en main, et particulièrement lors d’une utilisation prolongée sur le terrain.

Le Panasonic Lumix S1R II se distingue par un agencement ergonomique et intuitif des commandes. Sur le dessus, une molette Ă gauche permet de sĂ©lectionner les cadencements et d’activer le mode vidĂ©o. Sur la droite, une seconde molette gère les modes de prise de vue (P, A, S, M) et les prĂ©rĂ©glages personnalisĂ©s (C1 Ă C5). Deux autres molettes permettent de gĂ©rer notamment l’ouverture, ou toute autre fonction que l’utilisateur souhaitera y attribuer. Des boutons dĂ©diĂ©s Ă l’ISO, Ă la balance des blancs et Ă l’exposition sont placĂ©s entre les deux, tout Ă cĂ´tĂ© d’un bouton de dĂ©clenchement vidĂ©o rapide.

Ă€ l’arrière, un joystick Ă 8 directions assure une navigation fluide dans les menus et une sĂ©lection prĂ©cise des points de mise au point.
Quant aux menus Ă l’Ă©cran, ils sont denses, mais bien agencĂ©s et s’apprivoisent progressivement. Pour autant, les rĂ©glages par dĂ©faut de l’appareil permettent de rĂ©ussir immĂ©diatement des clichĂ©s convaincants.
Connectique du Lumix S1R II
Le S1R II dispose d’une connectique complète, avec des ports HDMI plein format, micro 3,5 mm, casque 3,5 mm et USB-C, tous protégés par un cache robuste. La partie stockage, comprenant un slot SD UHS-II et un slot CFexpress Type B, se situe à distance de la batterie, évitant toute proximité gênante lors des changements de carte ou des manipulations.

Cette séparation garantit un accès fluide, même sous pression, et soutient un usage intensif en photo ou vidéo. Le port USB-C permet également de connecter un SSD externe, une option pratique pour enregistrer directement des fichiers volumineux, notamment en 8K, sans dépendre exclusivement des cartes internes.
Un duo Ă©cran-viseur qui tient la route
Le Panasonic Lumix S1R II dispose d’un écran tactile de 3,2 pouces avec une résolution de 2,1 millions de points, orientable à 180° ou dans toutes les directions. Cette flexibilité surpasse l’écran basculant du Nikon Z8 et rivalise avec celui du Canon EOS R5 II, et facilite les cadrages complexes, comme une prise de vue au sol ou une vidéo en autoportrait.

Une simple pression permet de naviguer dans les menus ou de sélectionner un point de mise au point avec rapidité et précision. En revanche, sous une lumière intense, la lisibilité souffre d’une absence de revêtement anti-reflet performant, un défaut que certains concurrents gèrent mieux. Le viseur OLED, doté de 5,76 millions de points, d’un grossissement de 0,78x et d’un rafraîchissement à 120 Hz, offre une clarté et une fluidité remarquables, adaptées aux rafales ou à la vidéo 4K, bien que le Sony A7R V, avec ses 9,44 millions de points, conserve un avantage en définition. Sur le terrain, l’ensemble rassure. La profondeur de champ se devine sans mal, on distingue clairement la zone de mise au point.
Ultime possibilitĂ© de cadrage, l’application Lumix Lab permet un contrĂ´le Ă distance via smartphone, une solution pratique pour les configurations fixes ou les prises de vue dĂ©licates. La connexion est rapide et il y a peu de latence grâce Ă une liaison Wi-Fi. L’app offre Ă©galement la possibilitĂ© de charger des LUT dans le boĂ®tier, et simplifie la gestion des profils colorimĂ©triques applicables aux photos jpeg.
Des performances en nette hausse
Le Panasonic Lumix S1R II s’appuie sur la monture L plein format, un système développé en partenariat avec Leica et Sigma, offrant une gamme diversifiée pour les photographes et vidéastes. Panasonic propose huit objectifs autofocus adaptés à ses hybrides, comprenant des focales fixes – 18mm f/1.8, 24mm f/1.8, 35mm f/1.8, 50mm f/1.8 – et des zooms – 20-60mm, 24-105mm f/4 OIS, 70-200mm f/2.8 OIS, 70-300mm f/4.5-5.6 Macro OIS – conçus pour tirer parti des capacités du boîtier, comme la stabilisation ou la vidéo 8K.

Leica enrichit l’offre avec sa gamme SL, reconnue pour sa qualitĂ© optique et sa prĂ©cision, tandis que Sigma propose près de 20 objectifs autofocus, couvrant des focales variĂ©es, du grand-angle au tĂ©lĂ©objectif. Des marques tierces, comme Samyang, Laowa, TTArtisan ou 7Artisans, complètent l’Ă©cosystème avec des optiques souvent Ă mise au point manuelle (macro, ultra grand-angle).
Capteur : une excellente marge dynamique
Le Panasonic Lumix S1R II embarque un capteur BSI CMOS non empilé plein format de 44,3 mégapixels, un peu en deçà des 47,3 mégapixels du S1R, mais conçu pour allier vitesse et qualité d’image. Les fichiers RAW, compressés sans perte et pesant environ 65-70 Mo chacun, offrent une très bonne marge pour récupérer les ombres, avec un bruit léger (voir plus loin) qui se corrige sans trop de peine dans un logiciel de retouche.

Une photo mal exposĂ©e – ce qui arrive rarement avec le S1R II, sauf Ă photographier en manuel et Ă se tromper – se dĂ©bouche avec aisance Ă ISO 80. Le bruit de fond du capteur reste faible : de +1 Ă +4 IL dans un logiciel de retouche, il passe inaperçu ; Ă +5 IL, il faut cropper pour le remarquer, un niveau oĂą le dĂ©faut devient perceptible, Ă condition nĂ©anmoins de zoomer ou fortement croper l’image (voir photos suivantes).
Le bruit liĂ© Ă la montĂ©e en ISO est très bien maĂ®trisĂ©, avec des dĂ©fauts chromatiques et du grain perceptibles Ă partir de 3200 ISO, plus gĂŞnant au-delĂ de 6400 ISO, mais exploitable pratiquement jusqu’aux limites Ă 51200 ISO. Ă€ cette dernière valeur, le bruit pollue l’image, mais lĂ encore il se corrige efficacement avec un logiciel spĂ©cialisĂ© (Lightroom, Topaz Photo AI, etc.)
Le capteur est stabilisĂ© jusqu’Ă 8 stops, ce qui permet de photographier Ă main levĂ©e avec de faibles vitesse d’oburation. Je suis parvenu Ă plusieurs images nettes avec 1 seconde d’exposition, avec le 50 mm f/1.8 Lumix. Panasonic a prĂ©vu un mode Haute RĂ©solution, qui utilise la stabilisation IBIS pour dĂ©caler le capteur et atteindre environ 180 mĂ©gapixels. Attention, il est conseillĂ© d’installer l’appareil sur un trĂ©pied afin de perdre tout le bĂ©nĂ©fice de ce procĂ©dĂ© Ă cause d’un mouvement involontaire.

Sans surprise, j’ai trouvĂ© ce capteur excellent, sa marge dynamique confortable, avec beaucoup de latitude dans la rĂ©cupĂ©ration des ciels trop clairs. Les couleurs m’ont semblĂ© justes et puissantes, sans ĂŞtre caricaturales. En de rares occasions, notamment en basse lumière, la tempĂ©rature de couleur Ă©tait un peu froide, mais si l’on shoote en RAW, cela se corrige très facilement avec les logiciels spĂ©cialisĂ©s.

Au long de mes sessions photo, la plupart des Ă©cueils ont Ă©tĂ© Ă©vitĂ©s : rouges floraux dĂ©lirants, oiseaux clairs au plumage surexposĂ©, cygnes noirs sans relief dans l’ombre, etc. Très rapidement, le Lumix S1R II est devenu une machine Ă faire des images, pendu au bout des doigts avec le très bon Lumix 50 mm f/1,8.
Autofocus : Panasonic passe la seconde
Les limites de l’autofocus de Panasonic appartiennent au passé. Le S1R II intègre un système hybride, qui combine détection de phase et de contraste, avec 779 points couvrant près de l’ensemble du capteur, épaulé par une intelligence artificielle qui identifie visages, yeux, animaux et véhicules.

Ce dispositif offre des résultats fiables : un chien en mouvement ou un cygne dans une zone ombragée se retrouvent nets, même sans activer le suivi ou la détection précise.
L’autofocus suit les sujets avec efficacitĂ©, mĂŞme en conditions de faible Ă©clairage.
En somme, ce boĂ®tier inspire confiance dans son comportement, qu’il s’agisse de faire le point rapidement ou d’exposer correctement ses photos.
Cadences d’images en RAW
Le Panasonic Lumix S1R II excelle également dans les prises de vue en continu avec des fichiers RAW, et offre des performances adaptées à divers scénarios. En obturation mécanique, il atteint 10 images par seconde avec une profondeur de 14 bits.

En obturation électronique, la cadence grimpe à 40 images par seconde, mais la profondeur passe à 12 bits, un compromis classique, sans grande incidence sur les possibilités de retouche.
Pour aller plus loin
Fichier RAW : qu’est ce que le format RAW utilisé en photographie ?
La mémoire tampon supporte environ 90 RAW, ce qui correspond à 9 secondes à 10 ips ou 2,25 secondes à 40 ips, soit une capacité suffisante pour des rafales courtes, bien que certains concurrents offrent une endurance supérieure.
Mode | Cadence (ips) | Profondeur (bits) | Tampon (RAW) | Durée (s) | Usage Typique |
---|---|---|---|---|---|
MĂ©canique | 10 | 14 | ~90 | 9 | Sujets mobiles, portraits |
Électronique | 40 | 12 | ~90 | 2,25 | Actions rapides, faune |
Ces caractéristiques assurent un équilibre entre qualité d’image et réactivité, parfait pour les photographes exigeants.
Autonomie en photo
Le Lumix S1R II tire parti de la batterie BLK-22 pour offrir une autonomie solide en photographie. En usage standard, avec l’obturateur mécanique à 10 images par seconde et une utilisation modérée de l’écran ou du viseur, elle permet environ 400 clichés par charge, un chiffre confortable pour une journée de prise de vue, comme un reportage ou une sortie nature. En mode rafale intensive à 40 images par seconde avec l’obturateur électronique, cette autonomie chute à environ 300 clichés, la consommation accrue du capteur et du processeur se faisant sentir.

La recharge via USB-C, compatible avec une batterie externe, prolonge l’usage sur le terrain, une solution pratique pour les sessions prolongées sans changer de batterie. Cette endurance, bien que dépendante des réglages et des conditions, devrait répondre aux attentes des photographes amateurs comme professionnels.
Vidéo 8K sans recadrage
Le Panasonic Lumix S1R II excelle en vidéo avec une 8K à 30 images par seconde sans recadrage, un atout que le Sony A7R V ne partage pas, limité à un crop de 1,24x. En 4K, il atteint 120 images par seconde avec un léger recadrage de 1,2x, idéal pour des ralentis fluides sur des scènes vivantes, comme un enfant en course ou une vague qui déferle. Le mode « open gate » en 6,4K utilise toute la hauteur du capteur, une possibilité pratique pour recadrer ou passer en format vertical, enregistrée en ProRes HQ sur des supports rapides.
L’enregistrement interne en ProRes HQ à 5,8K atteint un débit de 1,9 Gbps, exigeant une carte CFexpress Type B ou un SSD externe via USB-C, et offre une souplesse précieuse en post-production par rapport aux codecs H.264 et H.265, plus adaptés aux cartes SD UHS-II. Avec V-Log, V-Gamut et le support du HLG, la plage dynamique dépasse 14 stops, parfaite pour saisir les détails d’un lever de soleil ou d’une rue illuminée la nuit.
Mode Vidéo | Résolution | Cadence (ips) | Crop | Codec/Débit | Support |
8K Plein Cadre | 7680×4320 | 30 | Aucun | ProRes HQ / 1,9 Gbps | CFexpress ou SSD |
5,8K Open Gate | 5888×3312 | 30 | Aucun | ProRes HQ / 1,9 Gbps | CFexpress ou SSD |
4K Haute Vitesse | 3840×2160 | 120 | 1,2x | H.265 / ~200 Mbps | SD UHS-II |
4K Standard | 3840×2160 | 60 | Aucun | ProRes 422 / ~800 Mbps | CFexpress ou SSD |
Un ventilateur discret assure une stabilité thermique : à 25°C, il permet 45 minutes en 8K, tandis que le 4K à 120 ips tourne sans interruption, une autonomie adaptée aux documentaires ou tournages prolongés. La batterie BLK-22 tient 90 minutes en 8K et 120 minutes en 4K, avec une recharge USB-C qui prolonge l’usage sur le terrain. Le rolling shutter, amélioré par rapport aux anciens modèles Panasonic, reste en retrait face aux capteurs empilés du Nikon Z8 ou du Canon EOS R5 II : un travelling rapide ou un sujet vif montre un léger décalage, à prendre en compte pour certains plans. L’écran articulé se déploie sans effort, et les ports – HDMI, micro, casque – s’intègrent aisément sous un cache solide, simplifiant l’usage dans un rig. Ce boîtier convient aussi bien au studio qu’à l’extérieur, prêt pour des projets variés, du mariage au tournage en pleine nature.
Prix et date de sortie
Le Panasonic Lumix S1R II, à 3 599 euros, rivalise avec des références comme Sony, Canon et Nikon. Son prix officiel, inférieur de 1 000 euros aux tarifs initiaux du Sony A7R V (4 600 euros), du Nikon Z8 (4 600 euros) et du Canon EOS R5 II (4 600 euros), permet d’acquérir un objectif supplémentaire, même si des revendeurs ajustent ces concurrents à un prix proche grâce à des remises.

Le Sony A7R V propose un capteur de 61 mégapixels pour une haute résolution, un autofocus très réactif et un poids de 723 g. Sa vidéo 8K, limitée par un recadrage de 1,24x et l’absence de ProRes interne, le destine surtout à la photographie de studio ou aux paysages nécessitant des recadrages.
Le Nikon Z8 se distingue par un capteur empilé rapide, avec 20 images par seconde en mécanique et une 8K plein cadre, dans un boîtier de 910 g. Sans ProRes, il excelle pour les professionnels de l’action ou ceux qui privilégient la robustesse.
Le Canon EOS R5 II offre un autofocus prĂ©cis, pilotable Ă l’oeil et une 8K de qualitĂ©, mais sa gestion thermique en vidĂ©o et son coĂ»t Ă©levĂ© le rĂ©servent aux projets Ă gros budget, comme les mariages ou productions commerciales.
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