On est monté à bord de la Volvo ES90 : cette voiture électrique qui se recharge ultra-rapidement veut vous faire oublier les SUV

Voitures

Après ses EX30 et EX90, Volvo dévoile enfin une voiture électrique qui n'est pas SUV. Cette ES90, une berline à la croisée des genres, promet autonomie étendue et recharge ultra rapide dans un cocon de confort et de sécurité. Nous sommes partis à sa découverte.
On est monté à bord de la Volvo ES90 : cette voiture électrique qui se recharge ultra-rapidement veut vous faire oublier les SUV
 
Volvo ES90 // Source : Laurent Lacoste Ace Team

La nouvelle génération des Volvo électriques a commencé en 2023 avec le petit EX30, suivi du grand EX90. Deux SUV, donc, qui seront bientôt rejoints par un troisième : l’EX60. La marque n’abandonne cependant pas (totalement) les autres carrosseries.

La preuve avec cette ES90, une berline rehaussée, que Volvo présente avec de nombreuses promesses : une autonomie de 700 km, une recharge en 20 minutes, une connectivité totale, sans oublier un confort et une sécurité à toute épreuve.

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Mission réussie ? Avant son lancement en fin d’année 2025, nous avons pu approcher cette berline électrique d’un nouveau genre.

Fiche technique

Modèle Volvo ES90
Dimensions 5,0 m x 1,94 m x 1,55 m
Puissance (chevaux) 680 chevaux
0 à 100km/h 4,0 s
Niveau d’autonomie Conduite semi-autonome (niveau 2)
Vitesse max 180 km/h
OS embarqué Android Automotive OS
Taille de l’écran principal 14,5 pouces
Prise côté voiture Type 2 Combo (CCS)
Prix entrée de gamme 75900 euros
Essayez-la Fiche produit

Extérieur : fluidité de genre

Une chose est sûre : avec son ES90, Volvo a vu les choses en grand. Ne serait-ce qu’au niveau des dimensions : 5,0 m de long, 1,94 m de large et 1,55 m de haut, on navigue dans les hautes sphères de la production automobile.

Volvo ES90 // Source : Laurent Lacoste Ace Team

Par rapport à la S90 qu’elle remplace, l’ES90 gagne 4 cm en longueur, 7 cm en largeur et carrément 10 cm de plus en hauteur. Un gain perceptible, notamment dans les proportions : l’ES90 devient nettement plus imposante, avec un ratio entre la carrosserie et les surfaces vitrées clairement à l’avantage de la tôle – des proportions en partie gommées par les immenses jantes, naviguant entre 20 et 22 pouces.

Le long capot et le porte-à-faux avant ramassé, marqueurs des berlines de luxe, sont repris, mais la partie arrière fait quasiment disparaître la malle au profil d’une silhouette plus « fastback ». Une tendance de fond, comme en témoignent les DS N°8 et autres Audi A6 e-tron.

Volvo ES90 // Source : Laurent Lacoste Ace Team

Niveau aérodynamisme, la calandre pleine, les prises d’air pilotées, le soubassement caréné et la face arrière abrupte permettent de cantonner le coefficient de pénétration dans l’air (Cx) à 0,25 – « le plus bas pour une Volvo à ce jour », d’après la marque.

Pour le reste, la Volvo ES90 reprend les éléments typiques de la marque. Les phares reprennent la signature lumineuse en « Marteau de Thor » et une calandre fermée. À l’arrière, les feux en parenthèse sont bien là, dans une position haut perchée. On retrouve aussi une colonne lumineuse de part et d’autre de la vitre arrière, héritage des breaks et SUV de la marque.

Volvo ES90 // Source : Laurent Lacoste Ace Team

Face au classicisme très marqué de l’ancienne S90, Volvo propose avec son ES90 une voiture bien plus contemporaine. Ni vraiment berline, ni franchement SUV, elle propose un style assez « crossover ».

La face, très élégante, me plaît beaucoup ; je suis moins convaincu par la très haute ceinture de caisse, qui rend le profil et l’arrière massifs, et alourdit visuellement la voiture. Reste que la concurrence fait rarement mieux.

Intérieur : une présentation flatteuse, une ergonomie parfois discutable

Un habitacle tiré à quatre épingles

Cette Volvo ES90 étant le porte-étendard de la marque, elle se devait de s’offrir une présentation aux petits oignons. C’est effectivement le cas. Ici aussi, l’air de famille avec l’EX90 est évidente, mais la berline tire son épingle du jeu sur quelques éléments.

Volvo ES90 // Source : Laurent Lacoste Ace Team

La planche de bord, par exemple, reprend l’idée du placage horizontal en bois et l’écran en format portrait de l’EX90, mais il repose sur une sorte d’avancée cachant un rangement, serti d’une molette de réglage du volume sonore en cristal. Un second espace, en dessous, referme un chargeur par induction.

Les exemplaires présentés étaient dotés du système-son Bowers & Wilkins de 25 haut-parleurs & 1 610 watts de puissance, compatible Dolby Atmos – Volvo a toujours été reconnu pour la qualité de ses systèmes hi-fi et semble bien décidé à poursuivre l’aventure. Là aussi, la présentation est soignée, avec un tweeter au sommet de la planche de bord, des grilles en métal sur les contre-portes et des haut-parleurs dans les appuie-tête avant. Comptez 3 070 euros pour en profiter.

Volvo ES90 // Source : Laurent Lacoste Ace Team

Notons en parallèle la présence de cuir Nappa sur les versions haut de gamme, alors que l’EX90 n’a droit qu’à un similicuir « Nordico » – également au programme de l’ES90. Les finitions sont extrêmement soignées et l’ambiance réellement différenciante par rapport aux ténors allemands, de quoi plaire aux aficionados de la marque.

Des passagers choyés… à quelques détails près

La banquette arrière n’est pas oubliée. Au fil des versions, on pourra retrouver un insert en bois rétroéclairé du plus bel effet sur les dossiers avant, tandis que les sièges extérieurs sont chauffants, ventilés et motorisés.

Volvo ES90 // Source : Laurent Lacoste Ace Team

L’empattement XXL de l’ES90 (3,10 m) permet un espace aux jambes assez remarquable, mais la Volvo n’échappe pas, comme la majorité des berlines, à un plancher assez haut. De fait, les genoux prennent de l’angle et il est parfois compliqué de glisser ses pieds sous les sièges avant s’ils sont en position basse – heureusement que l’espace généreux permet de trouver une posture confortable.

Au chapitre des quelques regrets, dommage que les aumônières aient disparu à l’arrière des sièges avant, tandis que la platine des vitres à l’avant n’intègre toujours pas des commandes directes pour monter ou descendre les vitres arrière – il faut appuyer sur un bouton. Excusable sur un EX30, beaucoup moins sur une voiture pouvant facilement coûter deux fois plus cher.

Le coffre aussi aurait pu être généreux. Certes, l’accessibilité est facilitée par le hayon, mais les 446 litres annoncés par Volvo sont bien peu une fois ramenés à la longueur de l’ES90 : plus compacte, une Audi A6 e-tron propose 502 litres, tandis qu’une Model S annonce 706 litres, certes jusqu’au toit. La Volvo propose un coffre avant (le frunk) de 22 litres, mais ses concurrentes font souvent mieux : 27 litres pour l’Audi, 89 litres pour la Tesla. Les câbles rentreront, pas beaucoup plus.

Infodivertissement : de bien beaux écrans, une connectivité totale

Merci Google

Autre partage entre EX90 et ES90 : les écrans. Le conducteur a droit à une dalle de 9 pouces, fixée sur la colonne de direction, associée à une vision tête-haute d’une définition de 800 x 480 pixels, tandis qu’un fier écran de 14,5 pouces trône au centre de la planche de bord.

Volvo ES90 // Source : Laurent Lacoste Ace Team

Ces écrans tournent, comme le reste des Volvo, sous Android Automotive. La navigation (incluant un planificateur d’itinéraires) est ainsi confiée à Maps, tandis qu’un store permet de télécharger nombre d’applications, notamment en termes streaming musical et/ou vidéo, des jeux ou autres.

Après avoir pianoté quelques instants sur cet écran, j’ai apprécié la définition et la réactivité de l’écran, tandis que les menus sont globalement clairs. La stratégie « tout-écran » de Volvo reste cependant parfois perfectible : dommage que le réglage de la colonne de direction, l’ouverture de la boîte à gants ou même de l’obscurcissement du toit vitré (comme chez Renault ou Porsche) se fasse sur la dalle et non via un bête bouton, bien plus pratique à l’usage.

Le SDV est ton ami

La ressemblance entre la berline et le SUV ne s’arrêtent pas là : en partageant la plateforme SPA2, l’ES90 accède à la connectivité totale de l’EX90, faisant d’elle un SDV (pour software-defined vehicle). La technologie « Volvo Cars Superset », alimentée par deux Nvidia Drive AGX Orin gérant 508 TOPS, est ainsi de série.

Très concrètement, l’intégralité des éléments techniques de la voiture sont connectés, de quoi permettre des mises à jour à distance bien plus profondes. Un peu à la manière de Tesla, capable d’améliorer les performances de recharge ou les capacités des aides à la conduite de ses voitures sans passer par l’atelier.

Volvo ES90 // Source : Laurent Lacoste Ace Team

Volvo imagine également un fort potentiel pour les fonctions à la demande, nouveau terrain de jeu des constructeurs pour améliorer leurs marges.

Une connectivité qui va dans les deux sens : toutes les ES90 envoient également des données vers les serveurs de la marque. Là aussi, Tesla utilise par exemple les données des caméras pour améliorer continuellement son système de conduite autonome – de quoi imaginer des applications similaires chez Volvo, toujours très axé sur la sécurité.

Une fiche technique impressionnante

Des recharges rares et rapides

Là où la Volvo ES90 innove dans la gamme, c’est au niveau de sa fiche technique. La berline électrique étrenne l’architecture 800 volts dans la gamme, de quoi faire fondre les temps de recharge : comptez 20 minutes pour passer de 10 à 80 %, ou « jusqu’à 300 kilomètres d’autonomie en seulement 10 minutes de charge » d’après la marque.

Volvo ES90 // Source : Laurent Lacoste Ace Team

Car oui, l’ES90 peut également aller loin. Deux tailles de batterie sont disponibles, les deux étant fournies par le chinois CATL, leader du marché :

  • 88 kWh nets – 650 km d’autonomie selon la norme WLTP ;
  • 102 kWh nets – 700 km WLTP.

50 km de différence « seulement » entre les deux batteries, car la plus grosse vient obligatoirement avec deux moteurs. De quoi proposer quatre roues motrices, mais grever la consommation, qui passe de 16,1 à 17,1 kWh/100 km en incluant les pertes à la recharge.

Volvo ES90 // Source : Laurent Lacoste Ace Team

Interrogés sur le sujet, des porte-paroles nous ont annoncé qu’une version propulsion avec la grande batterie n’était pas prévue pour le moment. Dommage, cela aurait pu augmenter l’autonomie – peut-être de quoi titiller les 750 km en une charge ?

Safety first

Ces nombreux kilomètres, Volvo veut vous les faire passer dans les meilleures conditions de confort, avec une suspension pneumatique disponible en option, mais aussi en sécurité, avec un attirail complet d’aides à la conduite de série.

Volvo ES90 // Source : Laurent Lacoste Ace Team

Le LiDAR sur le toit en est un bon indice : l’ES90 veut « aller bien plus loin que les normes de sécurité », d’après Jim Rowan, PDG de Volvo Cars, rappelant que « l’accident le plus sûr, c’est celui qui ne se produit pas ». Maintien en voie, aide à l’évitement, freinage automatique, détection des occupants, airbags dans tous les sens… Tout est de série.

Tarifs et concurrence : pas donnée, pas si mal placée

Alors oui, avec un tarif débutant à 75 900 euros, difficile de dire que cette Volvo ES90 est bon marché – d’autant plus que la grande batterie n’est réservée qu’à la version « Ultra », débutant à 93 050 euros.

Reste qu’elle est étonnamment mieux placée que l’EX90, qui débute à 89 500 euros et doit se contenter d’une architecture 400 volts (pour le moment).

Volvo ES90 // Source : Laurent Lacoste Ace Team

La concurrence est bien là : côté européens, l’Audi A6 e-tron est sans doute sa plus grande rivale, avec son autonomie pouvant atteindre les 750 km, son architecture 800 V et un tarif d’accès à 66 420 euros (certes dans une version à 622 km). La Tesla Model S doit faire avec des tarifs bien plus élevés et une image vieillissante, même si un restylage semble être au programme dans les mois à venir.

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Assemblée en Chine, l’ES90 vise avant tout ce marché. Là-bas, elle y croisera bien d’autres concurrentes : Xpeng P7+, Nio ET9, Avatr 12, voire Xiaomi SU7… Un marché déjà bien développé.

Si cette Volvo ES90 vous plaît, les commandes sont déjà ouvertes, pour une livraison en fin d’année 2025.

Notre avis : une proposition originale dans un marché de niche

On ne va pas se cacher : en France, le marché des grandes berlines est pour le moins confidentiel. Heureusement pour cette ES90, les opportunités sont bien plus étendues en Chine et aux États-Unis – même si son assemblage en Chine pourrait y compliquer son exportation.

Cette grande Volvo arrive pourtant avec des arguments intéressants. Certes, le style « berline surélevée » pourra rebuter les amateurs de classicisme, mais l’atmosphère intérieure aussi originale que chaleureuse donne envie de tracer la route.

Volvo ES90 // Source : Laurent Lacoste Ace Team

Chose qui semble être le leitmotiv de cette ES90, avec son autonomie de première classe et sa recharge rapide, éliminant les contraintes sur longs trajets. Évidemment, tout ceci a un prix, rendant certains choix d’ergonomie encore plus questionnables.

Rendez-vous aux essais, à l’automne, pour déterminer si les promesses de cette ES90 deviennent réalité.

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