Voici pourquoi le Japon fait fausse route dans sa répartition du bonus écologique automobile

 
Si la France baisse au fur et à mesure les aides à l’achat pour les voitures électriques, le Japon annonce les augmenter. Une décision qui devrait aider les japonais tardant à adopter la voiture électrique, même si l’accent mis sur l’hydrogène continue d’interroger.
Toyota Urban Cruiser // Source : Toyota

Lorsqu’on se promène dans Tokyo et sa périphérie, on ne peut qu’être surpris par le très faible nombre de voitures électriques présentes dans les rues de la capitale nippone. On croise bien quelques Tesla et Porsche Taycan, mais presque aucune japonaise électrique. Le moteur thermique est encore roi sur l’archipel. Il est plus courant de voir une Toyota GR86 qu’une voiture électrique, tout l’inverse de l’Europe.

Ce faible intérêt des japonais pour les voitures électriques permet de mieux comprendre le faible engagements des constructeurs nippons pour les véhicules électriques. Toyota, Honda et Nissan ne sont pas en position de concurrencer les leaders du segment. Pourtant, ces trois marques figurent parmi les pionniers de l’hybride en ayant investi très tôt le segment.

Pour essayer de vendre plus de voitures électriques au Japon, Hyundai s’est associé à Keiichi Tsuchiya, surnommé Drift King, pour commercialiser un Ioniq 5 N DK édition. // Source : Paul-Émile CASSORET

Cependant, le gouvernement semble vouloir favoriser l’adoption de la voiture électrique. Les montants des subventions vont augmenter si les constructeurs font des efforts sur l’impact environnemental de la production.

Un bonus en hausse sous conditions

Alors que le bonus écologique a été une nouvelle fois réduit en France, le Japon a décidé d’augmenter l’aide à l’achat d’un véhicule à la production peu polluante de 50 000 yens, soit environ 300 euros.

Même si ce Tesla Model Y tuné est un véhicule de démonstration d’Autobacs à Tokyo, les voitures électriques restent rares au Japon. // Source : Paul-Émile CASSORET

Cette aide supplémentaire concerne uniquement les voitures utilisant de l’acier « bas carbone », fabriqué pour réduire les émissions polluantes. Les constructeurs devront fournir au Ministère de l’Économie, du Commerce et de l’Industrie des plans concernant la quantité d’acier vert qu’ils achèteront et la proportion qu’ils introduiront à l’horizon 2030.

Selon les informations disponibles dans les médias japonais, on apprend que les plans des entreprises seront étudiés par le Ministère de l’Économie, du Commerce et de l’Industrie d’ici fin mars, qui décidera du montant de la subvention pour l’année 2025.

Cette somme de 50 000 yens pourra s’ajouter aux 850 000 yens (5 243 euros) pour les véhicules électriques, 550 000 yens (3 392 euros) pour les véhicules électriques légers (les kei cars) et les véhicules hybrides rechargeables, et 2,55 millions de yens (15 730 euros) pour les véhicules à pile à combustible.

Toyota Mirai // Source : Toyota

Plus de 5 000 euros d’aide pour une voiture électrique et 15 000 euros pour une voiture à hydrogène, c’est bien supérieur aux aides présentes en France. Notons l’aide colossale pour les voitures hydrogènes, alors que de nombreuses études indiquent que l’hydrogène n’est pas la solution pour décarboner l’automobile, et que son marché mondial fond comme neige au soleil.

Malgré ces aides, l’électrique peine à se démocratiser au Japon. Une contrainte potentielle à l’adoption de la voiture électrique au Japon est certainement le faible nombre de bornes de recharge publiques et la difficulté d’installer une borne de recharge à domicile.

Une adoption de l’acier vert difficile

L’acier vert est un acier produit selon des méthodes émettant moins de CO2. C’est évidemment une bonne chose pour la planète, mais aussi une contrainte pour les industriels, surtout s’il s’agit d’une petite production.

Suzuki e Vitara // Source : Suzuki

En mettant en place une subvention pour l’achat d’une voiture utilisant de l’acier vert, le gouvernement japonais espère motiver les constructeurs à utiliser cet acier, incitant ainsi les industriels de la sidérurgie à réaliser les investissements nécessaires pour adopter l’acier vert sur plusieurs véhicules et réduire l’impact de la production sur l’environnement.

Au Japon, 30 % de la pollution provient des industries, et plus de 40 % de cette pollution est due à la sidérurgie. Par ailleurs, 20 % de l’acier du pays est destiné à l’industrie automobile. Augmenter la part d’acier vert dans l’automobile via une subvention pourrait donc avoir des aspects très bénéfiques sur les émissions de CO2 du Japon tout entier, l’un des plus grands pays producteurs d’automobiles.


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