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L’année 2024 s’est terminée avec de nombreuses difficultés pour de nombreux constructeurs. Tesla a par exemple subi une baisse de ses ventes pour la première fois, mais il n’est pas le seul. En effet, l’an passé a été également très éprouvant pour Stellantis. Le groupe franco-italien a affiché un chiffre d’affaires en baisse de 17 % selon son communiqué, tandis que le bénéfice a dégringolé de 70 %.
Des méthodes très contestées
2024 s’est également soldée par le départ de son PDG, Carlos Tavares au mois de décembre, causant le chaos au sein de l’entreprise, qui lui cherche désormais un remplaçant. En attendant, c’est John Elkann, président de Stellantis qui assure l’intérim. Mais alors que l’ancien patron a claqué la porte il y a deux moins maintenant, les langues commencent un peu à se délier à son sujet, et surtout sur ses méthodes. Celles-ci ont été fortement contestées, car particulièrement agressives. Et ce dans le but d’accroître la rentabilité.
Les journalistes des Echos ont réalisé une vaste enquête au sujet de l’homme d’affaires, et de sa méthode de gestion. Ce dernier a notamment été critiqué pour avoir imposé des « objectifs de rentabilité déraisonnables », en utilisant pour cela toutes sortes de leviers. Il faut dire que le dirigeant avait un but : répondre à Tesla, et espérer au moins l’égaler. Pour cela, il visait notamment « le doublement du chiffre d’affaires d’ici à 2030 et une marge opérationnelle au-dessus de 10 % durant toute la décennie ».
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Un objectif tombé à l’eau en 2024, puisque cette dernière a chuté à seulement 5,5 %. Preuve que la stratégie adoptée par Carlos Tavares n’a pas porté ses fruits, au contraire. Selon le site, elle a surtout « épuisé l’entreprise et tendu à l’excès les relations avec les politiques, les fournisseurs, les concessionnaires et les syndicats ». Connu pour sa volonté de contrôler les coûts à l’extrême, Carlos Tavares a notamment réduit au maximum les dépenses de développement, les limitant à 6,9 % des ventes. Pour comparer, c’est 10 points de mois que chez Volkswagen.
Ainsi, la direction a supprimé de nombreux postes d’ingénieurs, pas moins de 12 000 contre 8 000 initialement prévus. Problème, des emplois dans des domaines pourtant très importants, comme l’électronique de puissance. Un élément crucial pour le développement des voitures électriques. Et cela alors que Stellantis a prévu de diviser par cinq le nombre de ses bases techniques, passant de 24 à seulement 5, partagées entre les 14 marques du groupe. Ce qui contribue en partie au fait que certaines se cannibalisent, comme DS, Alfa Romeo et Lancia.
Les Chinois en ligne de mire
De plus, cela nuit inévitablement à la qualité des voitures, notamment les électriques. Un ingénieur interrogé par Les Echos explique au sujet de la nouvelle Citroën ë-C3 que « tout était immature ». En cause, le logiciel de bord et un moteur électrique qui n’est pas au point. De plus, il explique que « début 2024, durant les essais de roulage à grande échelle, les phares arrière se mettent à fondre ». Ce dernier critique le choix de Stellantis d’avoir opté pour un fournisseur turc pour ses prix cassés, qui n’a finalement pas respecté le cahier des charges.
« Je n’avais jamais vu ça à ce stade d’un projet » peste-t-il, soulignant que « toutes les équipes n’acceptent pas de gaieté de cœur les contraintes imposées par les plateformes communes ». Il faut dire que Stellantis doit composer avec la concurrence grandissante des constructeurs chinois, qui vendent des voitures électriques à très bas prix. Ainsi, un ingénieur affirme que « jusqu’alors, l’objectif consistait à diminuer les coûts de 10 % d’une génération de voiture à l’autre. Il fallait désormais réduire les coûts de 30 % pour suivre les Chinois ».
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Résultat, le groupe sous-traite au géant indien Tata, ce qui implique de travailler avec des équipes disséminées en Inde, au Brésil et en France. De quoi compliquer la vie des ingénieurs, qui sont de moins en moins nombreux et surtout sous pression constante. En parallèle, une source explique que « Carlos Tavares utilise le manque de voitures neuves, provoqué par la pénurie de semi-conducteurs post-Covid, pour faire valser les prix de ses modèles . Jusqu’à l’overdose ». De quoi provoquer également l’agacement des clients, qui se tournent vers des marques plus abordables.
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