Le Xiaomi 18 Pro est-il surpuissant ? On a testé ses performances

 
Nous avons acheté un Xiaomi 18 Pro avant sa sortie en France. L’occasion de tester les performances de sa puce Snapdragon 8 Elite Gen 6.
Xiaomi 18 Pro // Source : Chloé Pertuis – Frandroid

Nous venons d’acheter un Xiaomi 18 Pro. Le smartphone a été présenté en Chine le 23 septembre et a la particularité d’embarquer, déjà, la puce dernier cri de Qualcomm, le Snapdragon 8 Elite Gen 6. Attention, ce n’est pas la même que le Snapdragon 8 Elite Gen 6 Extreme. Pour cela, il faut se tourner vers le Xiaomi 18 Pro Max qu’on a déjà pris en main.

Comme il est confirmé que le Xiaomi 18 Pro va arriver en France prochainement (une première pour la série Pro) et qu’on a observé un fort engouement pour ce téléphone, nous prévoyons une série d’articles pour partager nos premières impressions. On commence donc dès à présent avec le volet performances.

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Un Xiaomi 18 Pro chinois

Il est bon de préciser d’emblée que le modèle chinois du Xiaomi 18 Pro que nous testons ici sera sans doute différent de la future version française sur bien des aspects.

Xiaomi 18 Pro // Source : Chloé Pertuis – Frandroid

Si nous avons pu configurer l’interface en français et installer les Google Play Services, plusieurs éléments ne sont accessibles qu’en chinois (notamment un assistant IA a priori non disponible en France). La batterie du Xiaomi 18 Pro français sera aussi sans doute moins grosse tandis que sur les semaines à venir plusieurs optimisations peuvent encore être apportées par le constructeur.

Bref, ce que nous vous montrons ici du Xiaomi 18 Pro ne préfigure pas l’expérience finale que vous aurez en France.

Un Xiaomi 18 Pro puissant… selon l’exercice

Passons aux benchmarks. Premier constat, et il pourrait surprendre : avec 62 923 points à notre indice (AnTuTu 10, Wild Life Extreme sur 3DMark et Geekbench 6), le Xiaomi 18 Pro ne prend pas la tête du classement, alors qu’il est le seul de ce comparatif à embarquer le tout nouveau Snapdragon 8 Elite Gen 6 (mais pas la version Extreme). Il se place derrière plusieurs smartphones équipés de la génération précédente, le Snapdragon 8 Elite Gen 5.

L’écart reste toutefois contenu : moins de 2 % face au Xiaomi 17 Ultra et un peu moins de 6 % face au Galaxy S26 Ultra, qui mène avec 66 736 points. Autrement dit, en l’état, le 18 Pro joue dans la même cour que les meilleurs smartphones Android du moment, mais sans les dépasser. Il devance, en revanche, nettement le Pixel 11 Pro et sa puce Tensor G6, avec environ 23 % de points en plus.

Sur AnTuTu 11, le Xiaomi 18 Pro est plus convaincant. Il se classe troisième avec 3 818 907 points. Il reste devancé par deux smartphones de la génération précédente, l’Oppo Find X9 Ultra et le Realme GT 8 Pro. Il devance en revanche l’iPhone 18 Pro, le Galaxy S26 Ultra et le Honor Magic 8 Pro, tandis que le Pixel 11 Pro obtient moins de la moitié de son score.

Le Xiaomi 18 Pro sur AnTuTu 11. // Source : Frandroid

Ce classement rappelle qu’un seul benchmark ne suffit pas. Le Galaxy S26 Ultra et le Honor Magic 8 Pro, en tête de notre indice global, sont ici relégués en bas du classement. AnTuTu additionne des sous-scores très différents (processeur, graphique, mémoire, interface), et les choix de chaque constructeur peuvent donc faire nettement varier le total. Il y a aussi de fortes disparités à noter entre la version 10 et 11 d’AnTuTu en termes de scores.

Pour le Xiaomi 18 Pro, ce résultat montre en tout cas que le Snapdragon 8 Elite Gen 6 a de la ressource, et que son rang plus modeste au classement général ne reflète pas toute sa puissance.

Le Xiaomi 18 Pro sur Geekbench 7 // Source : Frandroid

Sur Geekbench 7, le Xiaomi 18 Pro obtient 2 920 points en single-core et 8 248 points en multi-core. Il devance nettement le Pixel 11 Pro et sa puce Tensor G6, avec environ 27 % de points en plus sur les deux tests.

En revanche, il reste loin de l’iPhone 18 Pro : la puce A20 Pro d’Apple fait environ 38 % de mieux, que ce soit en exploitant un seul cœur ou l’ensemble du processeur. Sur la puissance brute du CPU, le nouveau Snapdragon 8 Elite Gen 6 ne comble donc pas l’écart avec Apple. Rappelons toutefois que la puce A20 Pro boxe plutôt dans la même catégorie que le Snapdragon 8 Elite Gen 6 Extreme.

Un smartphone qui chauffe beaucoup

Est-ce que Xiaomi doit encore pousser des optimisations logicielles pour mieux exploiter le Snapdragon 8 Elite Gen 6 ? Est-ce que faire tourner un firmware chinois en France épuise le smartphone ? Quoi qu’il en soit, le Xiaomi 18 Pro est un appareil qui chauffe. Qui chauffe beaucoup. Vraiment.

Il a suffi de lancer AnTuTu v10 pour déjà voir la température grimper en flèche. Nous étions à 51,8 °C sur la face avant et à 50,6 °C sur la face arrière. Pour être sûr de nous, nous avons mesuré avec deux appareils : le Blackview BL9000 Pro équipé d’une caméra FLiR et le module Thermal Master P3.

Sur le test de CPU Throttling, le Xiaomi 18 Pro montre un comportement plus inhabituel. Pendant les premières minutes, ses performances baissent en douceur pour se stabiliser autour de 80 % de leur maximum, ce qui est encore correct. Ensuite, la courbe prend une forme en dents de scie : à intervalles réguliers, les performances chutent brutalement vers 25 % pendant quelques secondes, avant de remonter aussitôt.

Le smartphone semble donc refroidir sa puce par à-coups plutôt que de la stabiliser sur un palier. L’application indique un bridage à 53 % des performances maximales, un chiffre tiré vers le bas par ces creux, tandis que la moyenne sur l’ensemble du test atteint environ 67 %.

Le comportement en dent de scie du Xiaomi 18 Pro pendant le test de CPU Throttling. // Source : Frandroid

En pratique, ce type de régulation peut se traduire par des baisses de fluidité ponctuelles lors de longues sessions de jeu. Reste à voir si Xiaomi ajustera ce comportement avec le logiciel de la version française.

Quel premier bilan pour le Xiaomi 18 Pro ?

Le Snapdragon 8 Elite Gen 6 du Xiaomi 18 Pro en a sous le coude, mais ce premier test ne montre pas le bond en avant qu’on pouvait attendre d’une nouvelle génération de puce. Rappelons encore une fois qu’il ne s’agit techniquement pas de la meilleure puce de Qualcomm, puisqu’il existe une version Extreme qu’on trouve par exemple sur le Xiaomi 18 Pro Max.

De son côté, le Xiaomi 18 Pro se place au niveau des meilleurs modèles Android du moment, sans les dépasser nettement. En fonction du prix auquel il sera vendu en France, cela ne sera pas forcément un défaut.

En parlant de défaut, la gestion de la chauffe reste le principal point faible du téléphone que nous avons sous la main. Gardons toutefois en tête qu’il s’agit d’un modèle chinois, avec un logiciel qui n’est pas forcément finalisé : la version française pourrait corriger tout ou partie de ces défauts. Nous continuerons à tester le Xiaomi 18 Pro dans les prochains jours, notamment sur l’autonomie et la photo, avant de le retrouver dans sa version française.

À quoi servent les benchmarks ?

Voici les benchmarks que nous avons utilisés.

AnTuTu

AnTuTu est un benchmark très populaire, notamment en Chine. Il additionne les résultats de plusieurs sous-tests : le processeur (CPU), la puce graphique (GPU), la mémoire (vitesse de la RAM et du stockage) et l’expérience utilisateur (UX), qui simule des usages courants comme le défilement ou l’ouverture d’applications.

Le score global donne donc une bonne idée de la puissance générale du téléphone et permet de le situer rapidement face à ses concurrents. Nous avons lancé deux versions d’AnTuTu : la v10, qui sert à notre indice, et la v11.

Geekbench

Geekbench mesure d’abord les performances du processeur, à partir de tâches proches de l’usage réel : compression de fichiers, traitement d’image, navigation web ou encore apprentissage automatique. Il fournit deux scores. Le score single-core sollicite un seul cœur et reflète la réactivité au quotidien, comme l’ouverture d’une application ou le chargement d’une page web. Le score multi-core fait travailler tous les cœurs ensemble et indique la capacité à faire face aux tâches lourdes comme l’export vidéo ou le traitement de photos.

Geekbench propose aussi un test GPU, que nous lançons via l’interface Vulkan, l’API graphique moderne d’Android également utilisée par de nombreux jeux. Ce test ne calcule pas de scènes 3D comme 3DMark : il évalue la puissance de calcul brute de la puce graphique sur des traitements comme le floutage d’arrière-plan, la détection de visages ou des simulations physiques. Ces opérations sont très utilisées en photo, en vidéo et dans les fonctions d’IA.

3DMark

3DMark se concentre sur la puce graphique, et donc sur les performances en jeu. Ses tests font calculer au GPU des scènes 3D exigeantes, souvent dans une définition supérieure à celle de l’écran, pour pousser la puce dans ses retranchements et obtenir des résultats comparables d’un appareil à l’autre.

CPU Throttling

Le test CPU Throttling mesure l’endurance du processeur. L’application fait tourner tous les cœurs à plein régime pendant un long moment (30 minutes ici) et trace une courbe de leurs performances au fil du temps.

On observe ainsi le throttling, c’est-à-dire le moment où le smartphone bride volontairement sa puce pour limiter sa température. Plus la courbe reste plate et haute, mieux le téléphone dissipe la chaleur. Ce résultat est souvent plus parlant qu’un score maximal : il indique les performances que l’appareil peut vraiment soutenir en usage intensif, et pas seulement pendant quelques secondes. C’est généralement à ce moment que nous prenons une photo avec notre caméra thermique. Sur le Xiaomi 18 Pro, nous l’avons fait dès AnTuTu 10, tant la température montait vite.

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